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. Il serait ingénu de penser que l'incroyance, mêmeradicale, conduit nécessairement au crime une créature humaine, mêmeaffamée de jouissances. Cette créature pourra fort bien n'être quemodérément malfaisante; car la bonne Nature a voulu qu'il y eût sur laterre, en dehors de toute morale, d'autres plaisirs que ceux desanimaux de proie. Il y a, tout au moins, des affections naturelles,des mouvements de tendresse, une pitié humaine indépendante desreligions. Opposez un peu à ce croquemitaine de Sabine l'assassinnihiliste de Crime et Châtiment, et vous verrez ce que je veuxdire. La malfaisance ne semble un droit qu'aux âmes nées méchantes etperverses. oculos oakley polarized
Une femme qui peut faire de sa philosophie négativel'application qu'en fait Sabine est une «bête» que nul enseignementreligieux n'eût pu dompter et qui d'ailleurs n'en eût accepté aucun.M. Feuillet lui-même nous montre, par l'exemple du vertueux docteurTallevaut, qu'une doctrine vaut exactement ce que vaut l'âme quil'embrasse: alors pourquoi rendre la philosophie du bonhommeresponsable des crimes de Sabine? Pourquoi tourner en thèsespiritualiste un vulgaire drame à la Montépin?Encore, l'outrance, l'injustice et la candeur de cette thèse, je lescomprendrais chez un prêtre ou chez quelque chrétien exalté; mais, jevous prie, en faveur de quel christianisme plaide donc M. OctaveFeuillet? Est-ce la foi des premiers chrétiens ou des jansénistes quirespire dans ce livre parfumé? J'ai peur que ce ne soit simplementcelle des classes dirigeantes, le catholicisme des gens «bien élevés»et, peu s'en faut, celui de la Vie Parisienne, celui qui n'interditni la paresse, ni les raffinements du luxe, ni les bals, ni les gorgeset les bras nus livrés aux regards des hommes. C'est une chosesingulière qu'une si belle orthodoxie dans les romans qui exhalent unetelle odeur de femme. M. Feuillet est chrétien, je n'en doute pas;mais il est surtout «bien pensant», ce qui est souvent une manière dene pas penser. oculos oakley eyepatch Pour lui comme pour beaucoup de personnes de la castequ'il aime, le naturalisme en littérature et la démocratie enpolitique sont liés intimement à l'ensemble assez compliqué d'idées etde tendances qu'il nomme du nom commode de matérialisme. On serappelle, dans Un roman parisien, l'homme foudroyé après le toast àla Matière. C'était édifiant et terrible comme ces histoires queracontent les capucins dans les missions. Il y a, certes, dans lespiritualisme de M. Feuillet, un dégoût honorable et, délicat de toutce qui est bas et vil; mais j'y soupçonne aussi du mécontentement etde la bouderie.Malgré tout, j'ai ressenti, en lisant la Morte, quelque chose duravissement où me jetaient les premières oeuvres de M. OctaveFeuillet. oculos oakley brasil
Imaginez que Sibylle ne meure point et épouse Raoul: ce seraun peu le mariage de Vaudricourt; et Vaudricourt est proche parent deM. de Camors. Les deux premières parties du roman sont presque toutentières du Feuillet des meilleurs jours. Le comte-évêque et le vieuxgentilhomme qui vit dans le XVIIe siècle, tant le nôtre l'écoeure, nem'ont point déplu; et rien n'est gracieux comme la scène oùVaudricourt, franchissant le saut-de-loup du parc, trouve Mlle Alietteen train de manger des groseilles. Je me suis même laissé prendred'abord aux yeux «énigmatiques» (naturellement) de Mlle Sabine. On esttouché, quoi qu'on fasse, de la mort d'Aliette, qui sait que Sabinelui verse du poison et qui se laisse mourir (un peu trop docilement),croyant son mari complice de l'empoisonneuse, et du désespoir deVaudricourt quand il sait que sa femme l'a cru capable d'un crime etqu'il se dit qu'elle ne sera jamais désabusée, puisqu'il ne croit pasà une autre vie.Je retrouve, en maint endroit, le dramatique nerveux, rapide etsaccadé qui donne tant de prix à la Petite Comtesse, à Julia deTrécoeur et aux cinquante premières pages de Monsieur de Camors.


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