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Eux seuls recueillirent les fruits de la victoire du peuple; ils s'enattribuèrent même tout l'honneur. Leur premier soin, après l'acteconservatoire du prince royal et de la royauté, fut de rappeler auministère leurs créatures, Servan, Clavière et Roland. Ilss'appliquèrent surtout à s'emparer de l'opinion publique, ils avaienteu soin de faire remettre entre les mains de Roland des sommes énormespour la façonner à leur gré. Auteurs ou payeurs des journaux les plusrépandus, ils ne cessèrent de tromper la France et l'Europe sur larévolution qui venait de renverser le trône. Ils dénoncèrent chaquejour le peuple de Paris et tous les citoyens généreux qui y avaient leplus puissamment concouru.Il fallait détruire ce vaste foyer du républicanisme et des lumièrespubliques; ils s'accordèrent tous à peindre cette immortelle cité commele séjour du crime et le théâtre du carnage, et à travestir enassassins ou en brigands les citoyens et les représentants dont ilsredoutaient l'énergie. Ils cherchèrent à armer contre Paris la défianceet la jalousie des autres parties de la république, et cependant lesPrussiens se préparaient à envahir notre territoire (c'était l'époquedu mois de septembre 1792). moncler doudoune longue
Les dominateurs étaient membres du comitédiplomatique, du comité de défense générale; ils dirigeaient leministère, ils avaient eu d'étroites relations avec la cour, et ilslaissaient ignorer à la France entière, au corps Législatif même, lesdangers qui nous menaçaient. Les ennemis s'étaient rendus maîtres deLongwi, de Verdun; ils s'avançaient vers Paris, et les dominateursavaient gardé le silence; ils ne s'occupaient que d'afficher, qued'écrire contre Paris. Notre armée était faible, divisée, malapprovisionnée, et si Paris ne s'était levé tout à coup, si, à sonexemple, la France ne s'était pas ébranlée, Brunswick pénétrait sansrésistance jusqu'au coeur de l'Etat. Mais ce n'est pas tout, la factionvoulait livrer Paris et la France; elle voulait fuir avec l'assembléeLégislative, avec le trésor public, avec le conseil exécutif, avec leroi prisonnier et sa famille. Les ministres qu'ils avaient nommés,Roland, Servan, Clavière, Lebrun, parlaient de ce projet aux députés;il fut proposé dans le conseil, et il était adopté, si le ministre dela justice n'en eût empêché l'exécution, en menaçant ses collègues deles dénoncer au peuple, et si Paris ne l'eût fait avorter, en se levantpour écraser les ennemis de la France. Ce projet de fuite est connu desmembres de l'assemblée Législative et de plusieurs citoyens; il a étédénoncé à la Convention nationale, et Roland lui-même a été forcé del'avouer dans sa lettre à la Convention nationale, du [30 septembre1792].La Convention nationale était convoquée. moncler parka homme La majorité était pure; mais un grand nombre de représentants, trompésd'avance par les papiers imposteurs dont la faction disposait,apportèrent à Paris des préventions sinistres, qui devaient causer biendes maux, et d'ailleurs ce fut toujours le sort des hommes qui ont deslumières sans probité, ou de la probité sans lumières, d'être lescomplices ou les jouets de l'intrigue.Le décret qui déclare la royauté abolie, proposé à la fin de lapremière séance par un des députés de Paris calomniés, fut rendu avecenthousiasme. Si le lendemain on eût agité l'affaire du tyran, il eûtété condamné; et si la Convention, libre de leur dangereuse influence,s'était ensuite occupée du bonheur public, la liberté et la paixseraient maintenant affermies; mais les intrigants, qui n'avaient pus'opposer à la proclamation de la république, s'appliquèrent àl'étouffer dans sa naissance. En possession des comités les plusimportants de l'assemblée Législative, qu'ils firent conserverprovisoirement, ils composèrent bientôt les nouveaux à leur gré; ilss'emparèrent du bureau, du fauteuil et même de la tribune. Ils tenaienttoujours dans leurs mains le ministère et le sort de la nation. Ilsoccupèrent sans cesse la Convention nationale de dénonciations contrela municipalité de Paris, contre le peuple de Paris, contre la majoritédes députés de Paris. Ils inventèrent, ils répétèrent cette ridiculefable de la dictature, qu'ils imputaient à un citoyen sans pouvoircomme sans ambition, pour faire oublier, et l'affreuse oligarchiequ'ils exerçaient eux-mêmes, et le projet de la tyrannie nouvellequ'ils voulaient ressusciter. moncler sweat
Par là, ils cherchaient encore à dégoûterle peuple français de la république naissante, à arrêter les progrès denotre révolution dans les contrées voisines, en leur présentant lachute du trône comme l'ouvrage d'une ambition criminelle, et lechangement de gouvernement comme un changement de maître.De là ces éternelles déclamations contre la justice révolutionnaire quiimmola les Montmorin, les Lessart et d'autres conspirateurs, au momentoù le peuple et les fédérés s'ébranlaient pour repousser les Prussiens.Dès ce moment, ils ne cessèrent de remplir les âmes des députés dedéfiance, de jalousie, de haine et de terreurs, et de faire entendredans le sanctuaire de la liberté, les clameurs des plus vils préjugés,et les rugissements des plus furieuses passions. Dès lors ils necessèrent de souffler le feu de la guerre civile, et dans la Conventionmême, et dans les départements, soit par leurs journaux, soit par leursharangues à la tribune, soit par leur correspondance.Ils étaient venus à bout de reculer par là, pendant quatre mois, leprocès du tyran. Quelles chicanes! quelles entraves! quelles manoeuvresemployées durant la discussion de cette affaire! Qui peut calculer sansfrémir les moyens employés par Roland, les sommes prodiguées par leministère pour dépraver l'esprit public, pour apitoyer le peuple sur lesort du dernier roi? Avec quelle lâche cruauté les avocats du tyranappelaient des corps armés contre Paris et contre les députéspatriotes, dénoncés par eux des assassins et comme des traîtres! Avecquel insolent mépris des lois des corps administratifs, dignes de cesdéputés, les levaient de leur autorité privée aux dépens du trésorpublic! Avec quelle perfide audace cette même faction protégeait detoutes parts la rentrée des émigrés, et ce rassemblement de tous lesassassins et de tous les scélérats de l'Europe à Paris! Avec quelodieux machiavélisme on emploie tous les moyens de troubler latranquillité de cette ville et de commencer la guerre civile, sans mêmedédaigner celui de faire ordonner, par un décret, la représentationd'une pièce aristocratique (l'Ami des Lois), qui avait déjà faitcouler le sang, et que la sagesse des magistrats du peuple avaitinterdite!A quoi a tenu le salut de la patrie et la punition du tyran? Au courageinvincible des patriotes, à l'énergie calme du peuple, éclairé sur sesvéritables intérêts, et surtout à la réunion imprévue des fédérés.S'ils avaient conservé les fatales préventions que leur avaientinspirées ceux qui les avaient Appelés, si le bandeau était resté deuxjours de plus sur leurs yeux, c'en était fait de la liberté: le tyranétait absous, les patriotes égorgés, le fer même des défenseurs de lapatrie, égarés, se serait combiné avec celui des assassins royaux;Paris était en proie à toutes lès horreurs, et la Convention nationale,escortée des satellites qu'ils avaient rassemblés, fuyait an milieu dela confusion et de la consternation universelle.


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