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Le roi était assis sur son trône d'argent, il avait auprès de lui d'uncôté le duc de Bouillon, grand chambellan, le duc de Créqui et le princede Marsillac; de l'autre, le duc d'Aumont, le duc de Saint-Aignan et lemarquis de Gesvres. Une foule de courtisans les environnait. Le duc deLuxembourg, capitaine des gardes de quartier, allait recevoir lesambassadeurs à la porte de la salle des gardes. Le roi écouta leurcompliment avec gravité, et leur répondit avec une grande affabilité.Ils allèrent ensuite chez le Dauphin, le duc de Bourgogne et Monsieur.Madame la maréchale de la Mothe répondit pour le petit prince.Toutes ces audiences durèrent cinq heures, après lesquelles cesmessieurs furent reconduits avec les mêmes cérémonies. sac vanessa bruno prix
Ils n'eurentaudience de la reine et de Madame que l'après-dinée, parce qu'elles n'endonnaient jamais le matin.Tel est le récit de ce qui se passa dans Versailles à la naissance duduc de Bourgogne. La joie de cette ville se répandit partout avecrapidité, et l'on peut voir, dans la plupart des écrits du temps, lesdétails des réjouissances extraordinaires faites dans toute la France àcette occasion.IIIRÉCIT DE LA GRANDE OPÉRATIONFAITE AU ROI LOUIS XIV.1686.Le 18 novembre 1686, Versailles apprit avec surprise et effroi que leroi Louis XIV venait de subir la grande opération; c'est ainsi quel'on nommait alors l'opération de la fistule à l'anus.Le 5 février 1686, le roi fut obligé de prendre le lit à la suite devives douleurs dont il souffrait depuis plusieurs jours; l'on s'aperçutalors qu'il s'était formé un abcès à la marge de l'anus. sac cuir vanessa brunoFélix deTassy, son premier chirurgien, l'un des hommes les plus instruits decette époque, en proposa immédiatement l'ouverture; mais, ainsi que leremarque Dionis, on ne trouve pas toujours dans les grands cettedéférence nécessaire pour obtenir la guérison: mille gens proposèrentdes remèdes qu'ils disaient infaillibles, et l'on préféra à la lancettedu chirurgien un emplâtre fait par une grande dame de la cour, madamede la Daubière. L'inventeur du remède assista elle-même à la pose deson emplâtre, qui, probablement, ne pouvait avoir d'effet que sous sesyeux. Tel infaillible que fût cet emplâtre, on l'ôta cinq jours aprèsson application, n'ayant eu d'autre résultat que d'augmenter lessouffrances du roi. Enfin, le 23, c'est-à-dire plus de vingt jours aprèsl'apparition de la tumeur, on se décida à donner issue au pus; mais,malgré l'avis de Félix, qui voulait employer le bistouri, et pourménager le royal malade, auquel on craignait de faire subir uneopération sanglante, on eut recours, pour l'ouverture de l'abcès, àl'application de la pierre à cautère. «Ce matin, à dix heures, ditDangeau dans son journal, on appliqua au roi la pierre à cautère sur latumeur; on l'y laissa une heure et demie, et puis on ouvrit la peau avecle ciseau; mais on ne toucha point au vif.» C'est-à-dire qu'on secontenta de fendre l'escharre, et lorsque celle-ci tomba, il se forma,comme le dit Dionis, un petit trou par où la matière s'écoula, et quicontinua à suppurer. Bientôt on constata la présence d'une fistulecommuniquant dans l'intérieur de l'intestin. vanessa bruno paris
En pareille occurrence, et pour débarrasser le roi de cette dégoûtanteinfirmité, il ne restait plus qu'à pratiquer l'opération. Mais il n'enest pas des rois comme des simples particuliers, et, avant de pouvoirleur faire entendre les paroles graves et réfléchies de la science, ilfaut préalablement que le médecin s'attende à voir défiler avant luitout le cortége des empressés plus ou moins ignorants, flanqués chacunde leurs remèdes infaillibles, sans compter encore le charlatanisme,qui sait si bien exploiter la tête et la queue de la société. C'est cequi arriva pour Louis XIV.Dès que l'on sut le roi atteint de la fistule, il y eut encore un bienplus grand nombre de remèdes proposés que quand il s'était agi d'unesimple tumeur.Cependant Louvois, qui était alors le principal ministre et qui avaiten quelque sorte la responsabilité de la vie du roi, ne voulut permettrel'usage d'aucun de ces remèdes avant qu'il eût été préalablementexpérimenté.Parmi tous ces moyens, un fut surtout préconisé, et le roi paraissaitassez décidé à l'essayer: c'était l'emploi des eaux de Baréges. Maisavant que Louis XIV partît pour ces eaux, comme le bruit en avait couru,on jugea convenable d'en constater les effets.


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